La marchandisation du monde

Climat et productivisme, externalités et taxes
 novembre 2000
par  Jean Zin
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Le climat n’est pas une marchandise. Certes. Mais pour concilier l’affirmation idéologique et les moyens concrets de répondre à l’urgence, la voie est étroite. Seule une analyse fine des différents mécanismes envisageables peut permettre de se prémunir de dérives libérales lourdes de conséquences tout en obtenant des résultats à la mesure des enjeux immédiats. Plaidoyer pour un retour pragmatique à la régulation.

La responsabilité du climat (totalisation de l’activité humaine)

La limite planétaire

Aux débuts du capitalisme, il était raisonnable de considérer que les prélèvements sur la nature étaient gratuits. Aujourd’hui que les équilibres de la biosphère sont en jeu, la globalisation rencontre la limite planétaire au niveau des ressources aussi bien que des pollutions, des externalités positives comme des externalités négatives qu’il est impossible de rejeter plus à l’extérieur d’un monde fini. La course au profit et à la croissance n’est plus tenable. Malgré l’individualisme triomphant de la marchandise, la tempête nous traite universellement et nous devenons responsables collectivement du climat, que nous le voulions ou non, car il est désormais lié à notre production, effet de la totalisation de l’activité humaine.

Le dérèglement du climat

Il faut prendre la mesure de cette responsabilité. Bien sûr le climat n’a jamais été stable et les anciens déluges ou glaciations ne devaient rien à l’activité humaine mais aujourd’hui l’accélération dépasse les variations naturelles. Nous pouvons d’autant moins compter sur la nature pour absorber cette accélération que nous sommes dans un cycle de réchauffement solaire. Il n’y a aucun moyen d’éviter un réchauffement beaucoup trop rapide dans les 50 prochaines années car l’effet de serre se produit avec retard et le soleil sera de plus en plus actif. Le premier effet thermique est un accroissement du phénomène de refroidissement par la vapeur d’eau, ce qui se traduit en inondations, en fonte des glaces et montée du niveau de la mer submergeant les îles, le Bangladesh, la Hollande... Enfin la disparition ou la perturbation des courants marins devrait nous priver de l’effet tempéré du Gulf Stream, refroidissant sensiblement le climat français (le réchauffement de la planète peut signifier ainsi froid et humidité pour nous). Tout ceci n’est que probable mais l’impuissance à en prévoir les effets n’est pas pour nous rassurer car nous savons qu’ils seront considérables. à court terme c’est la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes qui nous menace, jusqu’à inquiéter déjà sérieusement les compagnies d’assurance.

Externalités et rentes (marchandisation des ressources)

L’extension de la marchandisation

Il y a dans cette fin de l’irresponsabilité, une condamnation de notre mode de développement au moment où la marchandisation a tout envahi du gène au lien social et au savoir. Si nos conditions vitales planétaires sont menacées par notre industrie, notre époque de globalisation se caractérise aussi par un totalitarisme de la marchandise envahissant toutes les dimensions humaines. Ce n’est plus seulement la nature, mais toutes les ressources de la personnalité et de la culture qui sont exploitées, manipulées comme moyens pour la production. En dehors des contraintes matérielles rencontrées avec les pollutions et le dérèglement climatique, les "externalités" sont ainsi de plus en plus immatérielles, notamment sociales (formation, flexibilité). Ce qui nous menace avec la production immatérielle, c’est l’extension de la marchandisation à de nouveaux domaines affectifs et culturels, la matière humaine exploitée dans tous ses aspects, devenue gisement de profits, du gène à la connaissance, jusqu’à devenir étranger à nous-mêmes, à tout ce que nous sommes.

La lutte contre la marchandisation

Il y a donc bien un retour violent de la totalité dans le réel, au nez et à la barbe du post-modernisme, comme totalitarisme marchand menaçant toutes nos bases vitales et auquel nous devons opposer une résistance totale, écologique. C’est bien ici qu’il y a le plus grand danger actuel (OGM, brevetabilité du vivant et des logiciels). Ainsi, ce qui pouvait paraître un progrès pour le climat, d’une consommation plus immatérielle, constitue une nouvelle menace de notre existence. C’est contre cette marchandisation du monde que nous devons nous dresser, contre la globalisation productiviste et pour une économie du développement local et personnel. Cette production de l’homme par l’homme doit reposer sur d’autres bases que l’appropriation, l’exploitation, le profit individuel et la rente. Les logiciels libres notamment illustrent la productivité de la mise en commun du savoir, de la coopération et du partage dans la "nouvelle économie". La totalité a sa propre réalité qui ne se réduit pas à la somme des parties et c’est aussi pourquoi elle s’impose bien au-delà de ce que nous pesons face aux marchés. Il est donc bien prioritaire de combattre l’extension du marché notamment à la pollution, encore faut-il examiner précisément l’articulation des contraintes écologiques et du marché, à court et à long terme.

Externalités et valeur

La rente prétend donner une valeur aux ressources communes mais la notion d’externalité devrait être comprise d’abord comme une contestation de la valeur marchande au nom de ses conditions extérieures, de ses conditions matérielles de reproduction, ses contraintes écologiques. à partir de là se pose la question de savoir si les externalités vont continuer à contester la valeur à partir de leur extériorité, éprouvée comme une crise de la mesure, ou bien si elles peuvent être chiffrées et valider au contraire une valeur impliquant leur internalisation. La question est de savoir si la prise de conscience de la priorité de la société et de la vie sur l’économie mène à un autre mode de développement ou bien s’il ne s’agit que de rendre celui-ci à peine un peu plus durable en intégrant seulement dans ses comptes la reproduction du milieu productif.

Pollueurs payeurs : écotaxes ou plan global de réduction ?

C’est ici que commence la discussion sur la réponse écologiste à l’exploitation des externalités, les tentatives de chiffrage économique, le problème des écotaxes. S’agit-il simplement d’internaliser les coûts sociaux ou de changer le mode de production ?

Du nouveau

D’abord, ce n’est pas parce que la reproduction est une limite que nous devons nous limiter à la reproduction de ce qui existe ou au caractère reproductible d’un mode de production. L’impossibilité d’un développement durable du capitalisme condamne globalement ce système et nous oblige à construire un nouveau projet global qui n’est pas la reproduction de l’ancien. Il nous faut inventer du nouveau. Notre critique du productivisme ne doit pas s’arrêter à son caractère non durable mais attaquer sa logique quantitative inhumaine et aveugle. Notre projet ne doit pas être seulement soutenable matériellement mais aussi soutenable socialement.

Les limites de la reproduction

Ensuite, on ne peut mettre sur le même plan les externalités sociales et les externalités naturelles ou vitales. Si pour toute société, la reproduction du travailleur doit être assurée globalement par le salaire et les charges sociales, il n’est pas si facile d’assurer la reproduction de la nature ravagée par notre industrie grâce à des "écotaxes". Il est toujours possible de déterminer la valeur d’une qualification car c’est une valeur relative, il n’en est pas de même avec nos conditions vitales qui ont une valeur absolue, donc infinie.

L’internalisation des externalités

La prétendue internalisation des coûts de reproduction est largement illusoire au-delà du coût de reproduction du travailleur. Elle participe plutôt à l’extension du secteur marchand en légitimant la transformation des externalités en gisements de profits, des déchets jusqu’à la vie elle-même. Les tentatives de chiffrage sont trop arbitraires et dépendantes du point de vue adopté, car on ne peut vraiment quantifier le qualitatif et la plupart des pollutions ont des effets de seuil plutôt qu’un effet continu, ou bien il y a combinaison de différents facteurs. On peut bien sûr, comme les assurances, donner un prix à tout, puisqu’on en donne même à la vie, et on peut suivre le glissement du Droit romain de la sanction à l’évaluation d’une équivalence des peines jusqu’à la simple amende dans une logique assurantielle qu’on peut trouver inacceptable pour ce qui s’attaque à nos vies. On n’arrivera pas à calculer le coût de la route par exemple, indiscernable du système de production, on ne chiffrera jamais que sa reproduction. On ne peut chiffrer enfin les perturbations du monde car le monde comme totalité n’a pas de valeur puisqu’il ne s’échange pas (L’échange impossible, Baudrillard). Il ne peut y avoir une appropriation du climat, qui ne se divise pas contrairement à la Terre vendue entièrement morceaux par morceaux. Il faut donc renoncer à internaliser la folie d’un système de production qui n’est pas durable. Ce n’est pas une raison pour laisser le climat à son sort d’épave.

La valeur des taxes

Le seul coût réel est celui de la reconstitution du milieu quand c’est possible (eau) mais, la plupart du temps l’objectif des écotaxes, loin de tout "permis de polluer", d’un "coût" social ou écologique, ne peut être qu’une diminution réelle de la pollution. Sans avoir à se justifier en dehors de leur efficacité, taxes, règlementations, subventions, investissements doivent viser une diminution rapide des pollutions et une réorientation de la production vers les énergies renouvelables et le développement durable. Ce qui compte, ce n’est donc pas l’écotaxe mais la cohérence d’un plan global de réduction des pollutions et de réorientation des techniques, différencié secteur par secteur, loin de toute logique financière quasiment magique. On ne s’en sortira pas pourtant sans prendre le problème à la racine en offrant une alternative au salariat productiviste et plutôt que de calculer le coût de la dégradation de nos vies nous devrions viser la plus grande amélioration faisable. C’est à un changement de système de développement que nous devons nous confier et non à des taxes.

Écotaxes ou écologie

D’Illich à Gorz, la logique des écotaxes a toujours été dénoncée par les écologistes, transformant une inégalité environnementale en inégalité sociale sans nous préserver des destructions industrielles. C’est dénoncer une vision libérale de l’écologie confiant aux mécanismes de marché nos enjeux vitaux. Ce n’est pas refuser toute écotaxe mais refuser qu’on se serve de l’écologie qui doit "penser globalement" pour des recettes fiscales faciles, refuser de considérer qu’on a commencé à résoudre l’effet de serre sous prétexte qu’on a augmenté le carburant alors que les ventes de véhicules battent des records. Il ne suffit pas de se faire du mal pour que ça nous fasse du bien ! Il faut faire payer les pollueurs mais sans jamais considérer qu’ils payent le juste prix (le droit de continuer à polluer) et que cela suffit. Il faut surtout engager des plans globaux de réduction des pollutions et de régulation des prélèvements sur nos ressources, sans se fier aux seuls mécanismes de marché mais par une réorganisation collective.

Penser globalement

Comme écologistes nous devons défendre des solutions globales dans lesquels les écotaxes peuvent avoir un rôle mais ne peuvent remplacer des objectifs beaucoup plus indispensables comme l’amélioration et la gratuité des transports publics, les subventions aux énergies renouvelables, l’isolation, etc. Ni surtout remplacer la critique nécessaire du système lui-même. Nos combats écologistes devraient être là et non pas pour nourrir le ressentiment des pauvres contre nous. Il ne s’agit pas de s’opposer à la taxation des multinationales qui trouvent toujours de bonnes raisons de ne pas payer la taxe, mais de s’opposer à un impôt indirect injuste pour les plus pauvres et à l’efficacité douteuse. Il est trop facile de prendre l’argent des taxes en remettant à plus tard la fin de l’injustice sociale et les investissements nécessaires. Faire de l’écotaxe un facteur de régulation des prix est déjà beaucoup plus positif car nous sommes condamnés à une approche globale intégrant la dimension sociale et la garantie du revenu (ainsi nous devons réduire le transport par camions mais il serait irresponsable de ne pas assurer la reconversion des routiers).

Planification de réduction des quotas et "marché des droits à polluer" (La Haye)

Les quotas comme alternative au marché

Une alternative à la marchandisation de la pollution, c’est de fixer des objectifs quantifiés de réduction des émissions, s’occuper des quantités plutôt que du prix. Cela ne dit pas comment on va arriver à ces objectifs mais on ne se fie pas ainsi à de simples mécanismes de marché, on planifie un objectif avec ses mesures de vérification. Dans ce cadre la fixation de quotas d’émission de CO2 à Kyoto est un bon système qui permet de planifier la diminution progressive des émissions des pays développés sans restreindre les pays pauvres. Cette planification quantitative par pays est purement politique et ne résulte pas d’un équilibre de marché. Il ne s’agit pas d’un droit inaliénable qu’on pourrait céder mais d’un objectif annuel de réduction des émissions. S’il s’agit sans doute d’un "droit à polluer" (en fait à brûler du pétrole), ce droit n’est pas durable car il n’a aucune autre justification que sa diminution planifiée. Ce n’est pas une propriété mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas le risque. L’autre risque vient du fait que, dans le contexte du capitalisme libéral, un tel mécanisme ne peut s’appliquer sans des procédures d’ajustement et d’échange des bonus/malus, une forme de marché. Il faut donc être extrêmement attentif à réserver ce marché aux ajustements à la marge ainsi qu’à le mettre sous contrôle d’une agence internationale. Dans ces conditions, les Permis d’Émission Négociables sont le contraire d’un marché de la pollution. Les quotas sont un mécanisme de planification, à l’opposé d’un marché dont on attendrait une réduction des émissions par le seul jeu des prix.

La négociation de La Haye, pas d’échappatoire

Il y a pourtant bien le risque de l’instauration d’un "marché des droits à polluer" car les états-Unis (et l’Australie, etc.) tentent de détourner ces mécanismes de flexibilité pour s’épargner tout effort domestique alors qu’ils sont les principaux responsables de la pollution mondiale, mais il ne faudrait pas que les écologistes en refusant ces dérives (Hot air) rejettent jusqu’à l’existence d’un marché d’ajustement et donc la planification par quotas elle-même. Il faut absolument réduire l’accès au marché à 5% des permis d’émission, exiger une diminution effective des émissions locales, pays par pays. Les mécanismes d’ajustement ne doivent pas viser un meilleur rapport coût/efficacité mais seulement les adaptations conjoncturelles. Enfin, c’est surtout l’insuffisance criante des objectifs actuels qu’il faut dénoncer. Il ne faudrait pas pourtant que, sous prétexte de refuser tout "marché de la pollution", on en arrive à dispenser les pollueurs de toute mesure contraignante et mesurable, en faisant simplement échouer la négociation de La Haye, ce qui est l’intérêt des plus riches.

Agarwal, les mirages de l’égalité et
les risques du marché


Au-delà des marchés d’ajustement, contrôlés par une agence internationale, il faut bien admettre que certaines logiques de quotas pourraient mener à un véritable marché de la pollution. Ainsi, même si on n’en est pas du tout là, les propositions d’Agarwal, qui a été proposé pour le Nobel alternatif, sont séduisantes mais dangereuses. Elles partent d’un principe égalitaire qu’on ne peut qu’approuver à première vue (chaque être humain devrait pouvoir dégager 500 kg de CO2) mais qui est arbitraire en ce domaine et qui comporte un véritable risque de marchandisation de la pollution en instituant cette fois un marché généralisé des droits d’émission posant beaucoup de questions. Au pire, des pays pauvres pourraient se trouver dépouillés de leurs droits vendus d’avance, au mieux ils deviennent dépendants d’une rente annuelle qui peut aussi bien empêcher le développement plutôt que de l’encourager selon son mode de répartition. On n’est plus du tout dans le contexte de quotas d’émissions en diminution planifiée mais bien de droits permanents et d’un pur mécanisme de marché supposé compenser les émissions à la longue entre Nord et Sud, ce dont on peut douter. Il ne suffit pas de mettre en place une légitimité conventionnelle, valable universellement, il faut en vérifier les effets, la réalité concrète. Qui est propriétaire des droits : les hommes ou les États ? Qui en bénéficiera ? Sous quelle forme ? Si le droit de chacun à l’égalité est toujours aussi juste, c’est bien aussi au nom d’un droit égalitaire formel que le couple démocratie + capitalisme a produit les plus grandes inégalités. Il n’y a pas de véritable égalité devant la pollution ou le climat selon l’endroit où l’on se trouve. On ne ferait ainsi qu’instituer un nouvel actif universel, renforçant encore la financiarisation de l’économie et de la pollution. Si nous sommes résolument pour le partage des richesses, et le développement des pays pauvres, par contre l’égalité des "droits à polluer" n’est pas un objectif écologiste, seulement leur diminution globale. C’est pourquoi les quotas d’émission ne se justifient pas en dehors de leur diminution planifiée. Dans ce cadre, il s’agit de raisonner en terme d’objectifs (de quotas) et non pas d’évaluation des coûts (taxes).

Soutenir les ONG

Nous devons refuser des mécanismes de marché comme les écotaxes ou un "marché des droits à polluer" mais cela ne doit pas nous amener à refuser un marché d’ajustement des quotas planifiés, sous contrôle d’une agence internationale, dès lors qu’il ne s’agit bien que d’ajustements aux marges et non pas d’échappatoire à des engagements contraignants de réduction. Il faut se méfier ici des idées trop simples. Malgré l’urgence, il ne peut être fait l’économie d’une analyse concrète des enjeux de La Haye, mais c’est dans ces matières difficiles qu’on doit faire confiance aux ONG, au moins faire appel à leur expertise plutôt que de se décider de loin sur des critères purement idéologiques. C’est la supériorité de la démocratie participative sur une démocratie médiatique : ne se fier ni à la démagogie, ni aux experts officiels. Ainsi, la position du CAN (Climate Action Network) semble la seule raisonnable (des règles claires, pas d’échappatoires), au-delà de la posture idéologique. Il faut s’appuyer sur le refus d’une marchandisation du monde pour faire de La Haye un nouveau Seattle, empêcher toutes les dérives vers un marché de la pollution, pas pour empêcher un accord contraignant de réduction des quotas alors que la croissance mondiale pousse au contraire à la hausse les émissions et que le réchauffement s’aggrave dramatiquement. Plutôt qu’un mécanisme de marché comme les écotaxes nous devons défendre une réduction des quotas et plutôt qu’un marché des droits à polluer nous devons limiter l’échange de permis aux ajustements conjoncturels par rapport aux objectifs planifiés.

Pour un projet alternatif

Il est sans doute important de commencer à planifier la production mondiale mais les objectifs sont encore notoirement insuffisants. Pour gagner ce pari contre l’effet de serre, ces bricolages seront insuffisants ; il faudra bien sortir de la société de marché telle que nous la connaissons, défendre une nécessaire alternative, profiter des potentialités de l’économie immatérielle pour réorienter l’économie sur le développement local et personnel. Le jour où l’écologie ne sera plus assimilée aux écotaxes mais à une réappropriation de nos vies, à un monde plus humain, nous aurons fait beaucoup plus pour l’avenir de la planète qu’en augmentant le prix de l’essence (ce pour quoi il n’y a pas besoin de nous). S’il faut dès maintenant réduire nos pollutions, il ne s’agit pas de rendre un peu plus durable le pillage de nos ressources mais bien de défendre un projet alternatif, véritablement soutenable dans lequel garantie du revenu et régulation des marchés seront indispensables à une production plus économe.


Commentaires  forum ferme

mardi 29 août 2006 à 19h06

"La prétendue internalisation des coûts (...) participe plutôt à l’extension du secteur marchand en légitimant la transformation des externalités en gisements de profits, des déchets jusqu’à la vie elle-même. Les tentatives de chiffrage sont trop arbitraires et dépendantes du point de vue adopté, car on ne peut vraiment quantifier le qualitatif et la plupart des pollutions ont des effets de seuil plutôt qu’un effet continu, ou bien il y a combinaison de différents facteurs."

Outre le fait que je ne vois pas quel sens peut avoir l’expression "transformation des externalités en gisements de profits", je voudrais vous indiquer deux choses : d’une part, ne pas chiffrer revient à chiffrer 0 euro ; d’autre part, un effet de seuil n’empêche pas une écotaxe.
Pour ne pas rester sur de probables malentendus avec l’internalisation des effets externes, je vous invite à jeter un oeil à http://www.internalisation.eu