Editorial

samedi 23 mai 2009
par  EcoRev’
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Alors que la crise globale s’amplifie et appelle une réponse supranationale afin de choisir – pour paraphraser André Gorz – la civilisation face à la barbarie, les réflexes protectionnistes refont surface. Puisque nous sommes bien dans la première crise socio-écologique du capitalisme – comme Jérôme Gleizes et Yann Moulier-Boutang le montrent –, les actuelles élections européennes se doivent d’aborder ce contexte singulier et inédit. L’Europe peut-elle répondre aux enjeux écologiques et sociaux posés par ce productivisme dévastateur ? En d’autres termes, l’Europe peut-elle être une solution à une crise globale, qui plus est sanitaire à l’heure de l’écriture de cet édito, et si oui, à quelles conditions ?

Certes, et comme le rappelle le classique de ce numéro, l’Europe aurait pu anticiper toutes ces crises si on avait suivi les prescriptions d’une étonnante lettre de 1972 d’un commissaire européen au président de la Commission. Cependant, aujourd’hui et plus que jamais, l’écologie politique est une nécessité et elle se retrouve à l’oeuvre dans ces élections. Sans parti pris de la rédaction, nous mettons en lumière ici celle d’Europe Écologie qui comme le dit Jean Zin, a tenté un rassemblement élargi des écologistes au-delà des Verts avec des personnalités de la société civile comme Eva Joly, des membres d’associations écologistes comme Yannick Jadot ou Sandrine Bélier et des militants altermondialistes comme José Bové. Nous sommes loin de la Troisième Gauche Verte de Dany Cohn-Bendit qu’Ecorev’ avait critiqué en 2000 [1] comme le montre de nombreux articles, à commencer par celui de Dany Cohn-Bendit qui s’interroge sur une Europe des droits. Gérard Onesta, député européen sortant qui ne se représente pas, et Hélène Flautre, qui se représente, nous racontent ce que les Verts européens ont pu faire durant la dernière mandature et à quoi sert un député vert européen. Alain Lipietz et José Bové nous présentent ce que le prochain Parlement européen pourrait faire dans le domaine du droit du travail, de la politique énergétique et de la politique agricole. Édouard Gaudot nous présente les différentes formes de constituantes possibles pour résoudre l’impasse institutionnelle de l’Europe et surtout comment renouer le lien entre citoyens et citoyennes européens et leurs institutions. Pour compléter le panorama, Bernard Laponche et Isabelle Bruno parlent de l’Europe de l’énergie et de l’Europe de la connaissance.

Puisqu’on ne peut parler d’Europe et d’écologie sans dépasser l’horizon national, ce numéro marquera également le début de notre collaboration avec la revue belge Etopia avec la reprise de leur numéro "Europe, le tournant vert" [2] de Pierre Jonckheer sur le pourquoi et le comment de ce tournant. Nous démarrons également une autre collaboration européenne avec le centre d’études espagnol Ecopolítica [3] et Ángel Valencia Sáiz sur la possibilité d’une écologie politique dans les pays du sud de l’Europe. Quant au philosophe belge Philippe Van Parijs, il nous parle du lien entre Europe sociale et Europe écologique lors d’un colloque de la Commission européenne.

Deux regards décalés de l’initiative Europe Ecologie sont aussi présentés : celui de Michaël Löwy, qui bien que membre du NPA, montre certaines divergences et contradictions de l’écosocialisme avec les Verts mais aussi avec son propre parti et celui du député suédois Carl Schlyter, membre du parti vert européen le plus eurosceptique, qui montre les fortes convergences qui unissent les différents partis Verts européens.



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