La décroissance, mode d’emploi - Tito - Marie-Anne

dimanche 15 avril 2007
par  EcoRev’
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Tito, Julie, Nicole, Florian, K’tche, Franck, Marie-Anne, Marjolaine, Brigitte. Derrière le mot "décroissance", il y a des hommes et des femmes, des actes, des représentations, un style de vie... en somme, une militance totale, radicale et continue, fait de petits gestes quotidiens, tantôt intimes et solidaires, tantôt spectaculaires. Une militance partie à la reconquête de la vie pour produire ou changer la vie… à condition toutefois de ne pas oublier de vivre.

Tito, 18 ans, Chambéry

De quelle manière t’investis-tu pour faire vivre l’idée de décroissance ?
J’agis dans mon quotidien en défavorisant le progression du profit des grandes entreprises capitalistes. Cela passe par le boycott des grandes marques emblématiques et conformistes tels que Nike et Adidas qui entretiennent l’exploitation des pays pauvres pour faire toujours plus de profit. La décroissance s’impose aujourd’hui comme l’évidente solution pour cesser le massacre écologique, au delà des simples mesurettes politiques ridicules et la mascarade du pacte écologique. La croissance tue, vive la décroissance

T’investis-tu dans la vie politique ?
Je m’investis dans la vie politique, car c’est par l’action quotidienne et persévéré que nous arriverons à nos buts. Je milite principalement dans deux organisations : la Fédération Anarchiste et Chiche ! La vie politique ne se résume pas à un parti politique, très souvent corrompu, ni au vote. Mais, plutôt dans l’action militante, à visage humain et dans nos rues.

Quelles sont tes priorités militantes ?
Je n’ai pas des priorités militantes particulières. Je privilégie les actions anti-capitalistes, anti-fascistes, anti-sexistes... Ainsi que toutes les formes d’oppressions et de domination des hommes sur d’autres hommes et sur la nature. Je suis pour la coopération avec le plus grand nombre d’organisation partageant les mêmes combats. Mais, ceci de manière efficace et non pas pour promouvoir un parti politique ou un candidat, ou n’importe quelle autre forme de récupération politique et de pouvoir.

Quelles sont tes références en terme de pensée et/ou d’action ?
En ce qui concerne l’idéologie anarchiste, rien de tel qu’un bon livre : De la capacité politique des classes ouvrières (1865) de Proudhon, Piotr Koprotkine, Bakoukine, Alexander Berkmann.


Marie-Anne, 22 ans, Rennes

Quel est ton investissement pour faire vivre l’idée de décroissance ?
Au quotidien, je me déplace à vélo en ville, ou à défaut en transports en commun. Je n’ai pas de voiture et je n’aime pas conduire, je prends donc le train pour rentrer voir mes parents. Je participe à des actions anti-pub et anti-médias-qui-mentent, ainsi qu’à la vélorution rennaise. En dehors de ça, mon engagement pour la décroissance vise avant tout à faire connaître ce concept, ce mouvement et leurs enjeux. Dans ce cadre, j’essaie de lire moi-même un maximum d’ouvrages sur le sujet afin de bien le maîtriser. Une part essentielle de mon action consiste à sensibiliser au quotidien les gens, en discutant avec eux, aux problèmes liés à l’impasse médiatique, économique, sociale et écologique dans laquelle nous nous trouvons et de laquelle nous ne sortirons pas sans une remise en cause radicale de nos modes de vie, des "prisons mentales" qui nous empêchent trop souvent de penser un autre monde, et enfin du capitalisme dans son ensemble. J’ai par exemple faire un exposé en anglais sur la décroissance, ce qui a permis de susciter des débats houleux et passionnés en cours ! Ma conclusion est que l’affaire loin d’être gagnée, peu de gens étant prêts à renoncer à ce qu’ils considèrent comme relevant de leur droit individuel ou de leur confort (porter des "beaux vêtements" par exemple). La "colonisation de l’imaginaire" a encore de beaux jours devant elle… Raison de plus pour continuer la lutte !

T’investis-tu dans la vie politique ?
Je suis militante au syndicat SUD-Etudiant, je suis membre de la Fédération Anarchiste (qui promeut l’idée de décroissance), et je gravite dans divers autres mouvements : collectif rennais anti-pub, section rennaise de l’Internationale Sardonique (qui vend le journal de critique des médias et d’enquêtes sociales Le Plan B, ainsi que d’autres journaux alternatifs et qui organise des conférences et événements anti-presse-qui-ment). Je participe aussi à la vélorution rennaise et je suis adhérente à l’association locale de la Fédération des usagers de la bicyclette (FNUB). Globalement, j’essaie de participer au maximum d’actions militantes possibles dans divers domaines, et mon agenda est très chargé à ce niveau !

Quelles sont tes priorités militantes ?
Elles varient selon les opportunités, les actions à mener et mes disponibilités. En ce moment, l’essentiel de mon engagement porte sur la section rennaise de l’Internationale Sardonique : nous organisons le 6 mars une conférence avec Serge Halimi et Grégory Rzepski (d’Acrimed), c’est un très gros boulot, et nous avons d’autres événements en préparation. En plus, nous sommes une bonne petite équipe et nous rigolons bien ensemble, alors pourquoi se priver ? A d’autres moments, mon engagement peut être plus syndical, mais comme je le disais précédemment je participe à des actions qui portent sur différents objets, car je considère que toutes nos luttes (écologistes, anti-pub, anti-médias-qui-mentent, syndicales, anti-sexistes, etc.) sont intimement liées les unes aux autres. Si j’ai des priorités, c’est donc uniquement parce que je n’ai pas le temps de tout faire, ou parce que je connais mieux certains sujets – avec lesquels je me sens plus d’affinités théoriques – que d’autres ; et pas parce que je considère certains sujets plus importants que d’autres !

Quelles sont tes références ? de pensée ? d’action ?
Elles sont tellement nombreuses… Disons Bourdieu en sociologie, et aussi Serge Halimi et la critique radicale des médias. Du point de vue de la décroissance, Serge Latouche est le premier auteur que j’ai lu, mais depuis j’ai abordé beaucoup d’autres choses : Jean-Pierre Tertrais par exemple, et je suis en train de lire Georgescu-Roegen, car j’aime remonter aux sources. Du point de vue de l’action militante, (…) je suis fondamentalement pacifiste et je considère qu’à ce titre l’usage des armes ne doit servir qu’en ultime recours (…).