Quelques précisions techniques concernant l’empreinte écologique des nations

lundi 23 mars 2009
par  Aurélien Boutaud
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L’empreinte écologique considère la consommation nette d’un pays ou d’un individu, et pas sa production. Cela signifie que l’empreinte écologique d’un produit est attribuée au consommateur, et pas au producteur – la consommation nette est donc calculée en retranchant de la production d’un pays ses exportations, avant d’y ajouter les importations.

Pour chaque type d’empreinte (cf. ci-après), la conversion entre hectares réels et hectares globaux est opérée en utilisant :

– des facteurs d’équivalence qui reflètent les variations de productivité entre les différentes catégories de surfaces (champs cultivés, pâturages, espaces marins, etc.) ;

– des facteurs de rendement ou de récolte qui reflètent les différences de productivité entre chaque catégorie de surface nationale et la moyenne mondiale de cette catégorie.

A partir de là, on prend en compte trois types d’empreinte écologique :

1/ l’empreinte écologique liée aux consommations de ressources renouvelables : il s’agit des surfaces bioproductives tels des champs cultivés pour fournir les céréales, les légumes, les fibres textiles, le tabac, etc. (plus de 70 types de productions issues des champs cultivés sont pris en compte) ; mais aussi des pâturages (pour produire le lait et les produits laitiers, la viande…) ; des surfaces de mer et d’océans (pour produire les poissons et autres ressources halieutiques) ; ou encore des espaces forestiers (pour fournir le bois nécessaire aux constructions, au chauffage des bâtiments ou encore à la fabrication du papier).

Au niveau des nations le mode de calcul des ressources renouvelables est le suivant : Empreinte (hag) = (consommation (t/an) / rendement global (t/ha/an)) x facteur d’équivalence (hag/ha)

2/ l’empreinte écologique des surfaces urbanisées : il s’agit des surfaces utilisées pour les infrastructures dédiées au logement, au travail, au commerce, aux loisirs, aux transports ou encore à la production d’énergie renouvelable (surfaces noyées pour la production d’hydroélectricité) ; la plupart du temps, ces surfaces sont considérées comme empiétant sur des surfaces de champs cultivés – sauf exception, comme certains barrages hydroélectriques de montagne. La conversion entre hectares réels et hectares globaux se base donc sur les facteurs d’équivalence et de récolte des terres arables.

3/ l’empreinte écologique liée à l’utilisation des énergies fossiles : il s’agit des surfaces de forêt nécessaires à la séquestration du carbone émis par la combustion des énergies fossiles, partant du principe que la préservation du climat tel que nous le connaissons aujourd’hui nécessite, en plus des océans, de solliciter la biosphère terrestre pour jouer un rôle de puits de ce carbone pour éviter son accumulation dans l’atmosphère. Il s’agit donc de surfaces "théoriques", dont il faudrait disposer pour éviter le changement climatique.

Le mode calcul s’opère en deux temps :

Surfaces fossiles (ha) = (émissions de CO2 (t) – part absorbée par les océans (t)) x ratio de séquestration des forêts (tCO2/ha) puis Empreinte fossile (hag) = surface fossile (ha) x facteur d’équivalence forestier (hag/ha).