EcoZAC de Rungis : retour d’expérience

mardi 6 janvier 2009
par  Elsa Gheziel
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Membre fondatrice puis coordinatrice salariée des Amis de l’EcoZAC, Elza
Gheziel étudie aujourd’hui les écoquartiers en Allemagne. A la lumière des
mouvements qui ont permis leur floraison, elle revient sur le parcours de
l’association parisienne, qui a milité pour la création d’une ZAC écolo à
Paris. En analysant les réussites et les limites de l’expérience, Elsa
Gheziel nous donne les clés sur le futur des écoquartiers : l’engagement
citoyen et l’implication des élus.

Des petites raies de lumières parallèles sur le bois jaune, c’est beau, je ne suis pas habituée à ces drôles de reflets du soleil à travers le toit qui est en fait une centrale électrique, uniquement constitué de panneaux solaires. Ni à cette impression permanente d’être en vacances quelque part en Corrèze parce que des arbres amples me regardent de partout depuis chez moi. Je concentre mon attention sur la question de Simon : quels sont les leviers et les freins que les Amis de l’EcoZAC (1) de Rungis ont rencontré ?

Après avoir été coordinatrice du projet pendant deux ans, j’ai récemment passé la main à Stéphanie. Elle et la nouvelle équipe (bureau recomposé, nouveaux membres actifs), poursuivent courageusement et avec bonne humeur l’aventure qui a fini par me conduire à habiter Vauban pour étudier le mode de financement des écoquartiers de plus près. Aussi je ne participe plus aux activités de l’association et en suis aujourd’hui simple membre. Les propos qui vont suivre n’engagent donc que moi et concernent surtout le démarrage de l’association.

De nombreux leviers ont permis à l’idée d’une EcoZAC (Zone d’Aménagement Concertée Ecologique) de faire son chemin pour s’imposer comme le quartier réellement respectueux de l’environnement qui fait défaut à la capitale française.

EcoZAC de Rungis, le fruit d’une détermination atypique
La connaissance du possible en matière d’écoconstruction de Philippe Bovet – initiateur et président des Amis de l’EcoZAC – a permis qu’émerge le projet d’un écoquartier comme une évidence écologique et technique, ainsi que l’organisation des premiers voyages vers BedZED, Vauban et des rénovations Minergie en Suisse, qu’il avait déjà visité en tant que journaliste spécialisé en environnement.

Un petit groupe de parisiens et de banlieusards, écologistes militants ou non encartés, ou experts des thématiques énergétiques, était de son côté suffisamment désespéré par l’état du monde pour immédiatement comprendre l’intérêt de ce projet qui pourrait enfin avoir un impact positif sur le quotidien. Cette conscience climatique a été le moteur de leur motivation à porter sur la place publique le projet d’une EcoZAC, puis de leur détermination à le faire aboutir, en salariant l’un d’entre eux en coordinatrice à temps plein.

Une popularité immédiate
Les plus militants parmi le milieu associatif écologique ont soutenu le projet dès le départ, et sur la durée. Greenpeace a par exemple fourni dans les premiers mois tous les bénévoles qui ont tracté dans la rue et aidé à la tenue d’événements pour faire connaître l’association et son projet. Une bonne partie des membres du bureau initial, et le logo sont issus des rangs de son groupe local parisien. Le réseau Sortir du Nucléaire et le CLER pour les énergies renouvelables, négaWatt, puis ensuite Les Amis de la Terre, ont signé la plateforme d’objectifs pour une EcoZAC et ont largement contribué à faire connaître l’ensemble de nos actions auprès de leurs adhérents. Nous avons rencontré cette même compréhension de l’importance des enjeux à l’œuvre au niveau national, auprès de plusieurs magazines, dont LaRevueDurable, La Maison écologique, Silence, Architectures à vivre et Univers nature, qui ont tous consacré au moins un article à l’EcoZAC de Rungis. L’organisation d’un événement en février 2006 qui a pesé dans le jeu d’acteurs avec le politique s’est également fait sur la proposition de Jacques Mirenowicz de LaRevueDurable. Jean-Louis Etienne, Hubert Reeves, Pierre Rabhi et Cyria Emelianoff ont accepté d’être les parrains symboliques du projet. La reconnaissance internationale de l’action de l’association par le prix Eurosolar (2) décerné en décembre 2006 par Hermann Scheer a été un catalyseur de motivation et de rencontres de nombreux autres porteurs de projets un peu partout en Europe.

Au fur et à mesure du déroulement des activités de l’association, j’ai pris conscience du soutien en interne de nombreux personnels de la Ville de Paris, qui se sentaient encouragés dans des aspirations personnelles parfois peu relayées par leurs directions.

Là où le citoyen doit réveiller le politique
Bien que les soutiens politiques n’aient été ni nombreux, ni concrets, dès le départ, deux acteurs en particulier ont clairement influé en faveur de la création d’une EcoZAC, chacun à leur niveau et à leur manière. Jérôme Coumet, premier adjoint à la Mairie du 13e arrondissement de Paris, élu socialiste en charge de la circulation et de la voirie s’est montré le premier curieux des cafés-débats que j’organisais proche de la Place de Rungis (Paris 13e). Il a ensuite accepté de nous accompagner à BedZED, puis à Freiburg, peu convaincu d’avance, mais laissant la place au doute. Yves Contassot, élu vert, adjoint au maire de Paris chargé de l’environnement, des espaces verts et des déchets, a également soutenu le projet en interne, lors des négociations entre directions et élus de l’Hôtel de Ville sur le niveau d’exigence environnementale pour la ZAC de Rungis.

De l’utilité sociale des utopies concrètes
Paradoxalement, l’absence de projet écologique concret dans le quotidien des parisiens a également permis de venir occuper une place laissée vacante dans l’intimité de leurs espoirs. L’écoquartier symbolise au mieux l’écologie urbaine appliquée et répond à une vraie demande sociale :

- à la fois sur l’envie très forte d’une autre ville – parce qu’il résout enfin l’éternel dilemme entre vivre en ville avec le bruit et la pollution ou à la campagne sans transports en communs, ni intensité culturelle ;

- et sur la question d’habiter ensemble autrement, dans un cadre fixé par des contraintes et des rythmes de l’ordre du vivant, organique et animal, plutôt que par les habituels impératifs du marché immobilier en voie de toute puissance et du niveau de revenu de chaque individu isolé.

Enfin, une communication d’abord fondée sur un logo expressif et pensée comme un outil d’opinion, a permis de focaliser les espoirs et les réactions autour d’un projet de plus en plus connu et médiatisé.

De nombreux freins, ont à leur tour renforcé la conviction des membres les plus actifs de l’aventure EcoZAC de l’utilité de l’action menée … et de son insuffisance permanente.
Pour commencer, il faut parler du désintérêt politique assez marqué qui a accueilli le projet dans ses prémisses, alors que Philippe Bovet l’avait fait parvenir à nombre d’élus potentiellement concernés, soit parce qu’ils avaient occupé des postes stratégiques dans l’environnement ou la maîtrise de l’énergie, ou parce qu’ils étaient mandatés sur la circonscription concernée, soit encore qu’ils affichent ouvertement leu attachement à des valeurs sociales ou écologiques, notamment à l’occasion de discours récents.

Le citoyen doit-il rester à sa place de consommateur ?
Après le temps du désintérêt, la sourde oreille a persisté de la part de certains élus, doublée d’une attitude de doute systématique sur les possibilités techniques de réalisation d’un tel quartier. J’ai par exemple apporté régulièrement de l’information à la Ville de Paris sur les programmes de soutien européens à l’innovation en matière d’aménagement durable, après que l’association avait dû payer un aller-retour à Bruxelles pour assister à une conférence sur le programme Concerto. Il s’agit en réalité d’un manque de culture sur d’une part les enjeux climatiques à venir et leurs origines, comme par exemple les parts d’émissions de GES imputables aux différentes activités humaines, et d’autre part sur solutions environnementales, telles que l’écoconstruction et les énergies renouvelables. Le principal problème n’est pas l’ignorance – nous sommes tous à un moment ou à un autre dans une situation d’ignorance relative – mais la croyance en ses propres connaissances lorsqu’elles sont caduques et ne correspondent plus à l’état du monde actuel. Croyance renforcée par la non-concience que ses propres systèmes de représentations sont des constructions culturelles plutôt que des vérités absolues. Là, je parle de certains experts, techniciens et architectes travaillant dans les bureaux d’études, les SEM, parfois même mandatés par des institutions censément garantes du suivi développement durable comme l’ARENE, qui regardaient de haut ces citoyens non experts ayant osé s’inviter à la définition des exigences d’un projet. Pourtant dans le même temps, ils étaient capables de confondre en réunion publique le solaire thermique et photovoltaïque, ou le puits canadien et la géothermie…Hermann Scheer décrit très bien dans son livre Autonomie énergétique, comment ces systèmes de croyance caduques empêchent une approche rationnelle de la question énergétique et qualifie les attitudes qui en découlent d’"autisme fossile et nucléaire".

Inertie et ignorance ou mauvaise foi ?
Les autres forces citoyennes du quartier ne nous jamais franchement soutenu, et se sont dans un premier temps opposées à notre présence dans les réunions de concertation dédiée à la ZAC, où nous n’avons jamais été admis qu’officieusement. Les associations de riverains ont toutes plus ou moins partie liée avec un parti politique ou sont proche de l’un de ses représentants à la mairie : on nous prenait donc pour un "poisson pilote" des verts du 13e, dans le même temps où le seul adjoint vert de la Mairie du 13e ne nous soutenait pas du tout ! Nombre des participants au conseil de quartier continuent aujourd’hui à considérer que d’une part, les Amis de l’EcoZAC sont une sorte d’ovni pas réellement implanté dans le quartier, ce qui revient à nier sa légitimité d’acteur, et d’autre part que le verdissement du projet est un risque en défaveur des aspects sociaux, alors que justement des propositions pour faire plus de logements social avait été portées par ces associations et que la Mairie de Paris n’en a rien gardé.

Une autre attitude de non croyance en la pertinence du projet provenait non pas de la remise en cause de la plate-forme d’objectifs, mais du calendrier…il était "déjà trop tard", car le plan de masse et la programmation avait déjà été définis en amont de notre existence, pendant les deux ans de concertation préalable organisée par la mairie. Là encore, notre fraîcheur et notre méconnaissance des processus administratifs et légaux des projets d’aménagement a préservé intacte notre envie d’agir tout au long de nos rencontres avec les différents services techniques, les élus et les parties prenantes de la concertation.

En résumé, on pourrait dire qu’un des premiers freins est qu’il n’est pas très simple de convaincre ses concitoyens de la nécessité à faire un écoquartier, car, dans leurs quotidiens, in fine, la question sociale ou la contrainte de carrière occupent le devant de la scène. En dehors des personnes déjà largement sensibilisées aux questions d’écologie, il est très difficile de susciter un soutien, synonyme de la possibilité d’un changement d’habitude. En effet, pour cela il faut déjà reconnaître qu’il il y a un souci tellement énorme qu’il nous dépasse et dépasse toutes les autres considérations. Si on accepte la contrainte environnementale comme la principale, alors l’ordre des priorités inscrit dans les modes d’organisation, les habitudes de travail et la législation… en gros les règles du jeu doivent s’inverser. D’où ces tentatives de déni et de doute, mécanismes de défense bien comprise contre une perte directe de position de sachant ou de pouvoir, d’insouciant bienheureux, de privilèges économiques, etc.

Le temps c’est de l’argent !
Alors face à cette inertie, mais soutenu par l’enthousiasme de nombreuses personnes dispersées aux quatre coins de la France, il a fallu donner beaucoup de temps et d’investissement personnel. J’ai déjà évoqué mon passage du statut de membre fondateur à celui de coordinatrice salariée. En effet pour faire évoluer les représentations, il semblait fondamental de pouvoir agir de manière professionnelle, c’est-à-dire en consacrant le temps nécessaire pour faire bien ce qui devait l’être : un lobbying citoyen de qualité s’appuyant sur la pédagogie par l’exemple et l’organisation et la participation à de nombreux événements (salons, cafés-débats, projections, interventions…). Il fallait faire visiter à un maximum d’incrédules ou de semi convaincus inactifs les écoquartiers qui avaient inspiré la création d’une EcoZAC. Nous avons donc activement sollicité divers représentants politiques et la maîtrise d’ouvrage du projet (la SEMAPA), les directions de la Ville de Paris avec qui nous étions en contact (environnement, urbanisme), les associations qui nous soutenaient, celles participant à la concertation et des médias pour visiter Vauban et BedZED, afin d’établir des références communes lorsque nous parlions écoconstruction. Il faut également évoquer la difficulté à faire financer des activités de lobbying citoyen environnemental, pour combler les carences du politique alors qu’il a été élu pour protéger ses électeurs et leur cadre de vie. Le réseau Sortir du nucléaire et la Fondation pour une Terre Humaine nous ont permis de démarrer, suivis par d’autres fondations françaises souhaitant rester discrètes, Patagonia et la Direction de l’Environnement de la Ville de Paris. La stabilité du modèle économique d’une association est difficile à trouver car dès lors qu’elle propose des services, ils peuvent être considérés comme concurrence aux entreprises privées, ce qui la menace de charges fiscales assez lourdes. Par ailleurs les demandes de subventions doivent rester limitées afin de garantir l’indépendance et limiter le temps qui n’est pas directement passé à l’atteinte des objectifs du projet associatif.

Un défi toujours renouvelé
Ce petit groupe motivé a atteint en grande partie l’objectif initial : faire entrer dans le cahier des charges de la ZAC de Rungis des contraintes écologiques afin de créer l’exemple, au moins sur les principaux aspects environnementaux. Un engagement politique a été pris sur les aspects énergie (50kWh/m2/an, bureaux sans clim’, bonne isolation des bâtiments) récupération des eaux pluviales et circulations douces (auto-partage, parkings mutualisés, pas de stationnement en surface et zone 30). Restent en suspend nombre d’aspects écologiques, temporels et politiques, auxquels l’association fera face dans les mois à venir.

Certains points sociaux et économiques de la plate-forme d’objectifs n’ont rencontré qu’un maigre écho : un site de compostage urbain permettant à la fois la sensibilisation des participants (riverains volontaires, commerçants et marchés, écoles proches), la création d’emplois – collecteurs ambulants, maître composteur – en insertion (le 13e arrondissement accueille de nombreux foyers sociaux), l’évitement de coûts pour l’entretien et la fertilisation des jardins (5000m2 sont prévus sur la ZAC de Rungis) et une baisse des quantités de déchets incinérés, producteurs de dioxines et consommateurs de carburants fossiles (la matière mouillée doit être chauffée à plus haute température).

De même, la sauvegarde ou la réutilisation d’éléments du bâtiment de l’ancienne gare de Rungis auraient pu utilement préserver la mémoire du lieu. A BO01, écoquartier de Malmö, des briques des anciens chantiers navals sont devenues carrelage patiné du sol de certaines courées et habitations. A BedZED, au Sud de Londres, en amont de la réalisation du chantier, un salarié était chargé de repérer les déconstructions et les fournisseurs de matériaux locaux dans un rayon de 50km alentour. Des études du label Suisse Minergie démontrent que la plus grande partie des émissions de GES d’un bâtiment provient de son énergie grise et non de sa consommation d’énergie pendant qu’il est habité. Alors, pourquoi s’escrimer à réaliser des bâtiments peu consommateurs, en faisant l’impasse sur le bilan énergétique des matériaux de construction, où le transport et la transformation ont une grande part ?

Pour créer un précédent et apprendre à travailler différemment – en amont – sur les thématiques de développement durable appliquées au bâtiment, ce qui revient à se former à de nouvelles pratiques. Voici encore un aspect de la plate-forme qui a peu été entendu : un centre de formation, avec le chantier comme premier support, pour l’ensemble des corps de métiers liés à l’isolation et à l’étanchéité des bâtiments sobres (3) et aux énergies renouvelables.

Bien d’autres propositions de l’association n’ont pas été prises en compte, mais la liste des améliorations possibles pour parvenir à un écoquartier idéal est potentiellement indéfinie. Quand aux aspects temporels et politiques, ils posent plusieurs questions.

Quelles garanties au respect des engagements par tous les acteurs de la chaîne de production ?
Quels engagements politiques pris au cours des deux années précédentes trouveront une traduction concrète dans le cahier des charges qui doit paraître avant 2008 ?
Comment garantir leur réalisation effective tout au long des différentes étapes du projet : chantier, habitation et rénovation ? Une fois les contrats de vente du foncier signés, aucune mesure légale n’existe à ce jour qui permet de sanctionner un maître d’œuvre, un promoteur, si il ne respecte pas ses engagements initiaux, comme atteindre une performance énergétique au-delà de la réglementation thermique (RT 2005), puisqu’au moment de la livraison des bâtiments, la ville n’est plus propriétaire du terrain, alors que c’est elle qui a émis le cahier des charges en partenariat avec sa SEM et l’appui technique de bureaux d’étude spécialisés.

La participation des habitants conditionne la vie future dans l’EcoZAC
Lorsque les différents promoteurs et bailleurs sociaux et étudiants vendront ou loueront les commerces, bureaux et logements, quelle sera la place de l’écologie dans la relation immobilière : juste un prétexte à une survalorisation du produit justifiant un prix de vente ou de location plus élevé ? Une Charte des Locaux et des Habitations sera-t-elle définie en concertation avec les usagers – dans un premier temps avec les Amis de l’EcoZAC et d’autres riverains ? Afin que des pratiques économes en ressources, en énergie et la préférence pour les mobilités douces fassent sens et deviennent peu à peu le l’envie de chacun, garantissant ainsi les objectifs écologiques des bâtiments. Au Danemark, dans un immeuble collectif, des installations économes en eau (réduisant le débit de 30%) ont été installées sans qu’une sensibilisation spécifique des habitants soit conduite. L’évaluation des consommations a débusqué des différences de 400% à foyer comparable (usages et nombre de personnes). Dans une maison passive, garder ses veilles habitudes comme ouvrir les fenêtres pour aérer au lieu d’augmenter le débit de la ventilation double flux, c’est perdre le bénéfice de l’étanchéité du bâtiment et par exemple laisser entrer le froid en hiver, donc continuer à avoir besoin du chauffage. La même question se pose bien entendu pour tous les usagers : invités, nouveau locataire ou propriétaire. C’est une des raisons pour laquelle il existe dans de nombreux écoquartiers (Eva-Lanxmeer et GWL-Terrein aux Pays-Bas, BedZED au Royaume-Uni, ou Rieselfeld en Allemagne notamment) un groupe d’habitants moteur, sous forme associative ou autre, qui est institué par la Ville responsable de l’animation du quartier et de la continuité des pratiques écologiques et du lien social entre les différentes catégories de résidents. Une Charte très formalisée peu même avoir valeur juridique contraignante dans des projet initiés par leurs habitants, gestionnaires au quotidien de la qualité écologique, comme dans le cas d’Eva Lanxmeer (4), où chacun doit particulièrement veiller à ses rejets d’effluents afin de préserver l’eau potable qui continue à être pompée à quelques mètres des bâtiments.

Les prochaines échéances électorales auront elles aussi un impact imprévisible sur le destin de l’EcoZAC. En effet, municipales et cantonales approchent et puisqu’une des clés de réussite du projet est son appropriation par certains élus, comment garantir une continuité s’ils ne sont plus en position de décisionnaires, ou si leur agenda politique prend une autre orientation ? C’est tout le sens du travail actuellement mené par l’équipe EcoZAC, prendre de l’ampleur au niveau national en participant à la création d’autres EcoZAC, comme à Batignolles (Paris 17e), et s’ancrer dans le local, afin de devenir incontournable, quelques soient les interlocuteurs en place.

(1) L’EcoZAC de Rungis est située à Paris, dans le 13e. Une plate-forme de propositions a été pensée autour de trois axes (réduction de l’empreinte écologique, insertion socio-économique et vie de quartier) pour transformer la ZAC de Rungis (40 000m2, dont 19 000m2de bureaux, 13 000m2 de logements - dont du social et des logements étudiants/chercheurs, 5 000m2 de jardin, des jardins partagés, des commerces et une maison de quartier) en écoquartier. http://www.ecozac-paris.org, http://www.parisrivegauche.com
(2) EUROSOLAR est l’association pour la promotion des énergies renouvelables en Europe, fondée par Hermann Scheer, figure atypique du socialisme allemand, économiste et prix Nobel alternatif 1999. http://www.eurosolar.org
(3) La sobriété est l’un des 3 piliers de la démarche négaWatt – le Watt que l’on ne consomme pas – à laquelle il faut ajouter l’efficacité énergétique et les renouvelables. Afin de réduire l’impact de l’habitat sur le climat en France, l’association nW propose de rénover 400 000 logements/an à 50 kWh/m2/an. La mesure dite Renov créerait 120 000 emplois pendant 20 ans, puis 96 500 dans les 19 suivants. http://www.negawatt.org
(4) Situé au Sud d’Utrecht, à Culemborg, EVA Lanxmeer regroupe 244 logements des plus sociaux aux plus luxueux, en passant par l’autoconstruction, 40 000m2 d’activités – bureaux, centre aquatique, centre de formation à l’écologie intégrale, hôtel – une maison de retraite et une ferme en permaculture. Ce quasi écovillage est construit sur 34 ha, autour d’un site de pompage de l’eau potable encore en activité.


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