Ecopolis - l’édito

vendredi 9 janvier 2009
par  EcoRev’
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La période estivale et la rentrée qui s’annonce sont-ils des moments propices pour penser la ville ? Lorsqu’elle est subie comme un espace de travail, d’achat et de transport, l’été ne se construit-il pas comme un échappatoire des flux rapides, des signaux lumineux et des échanges pas toujours "urbains" ? En effet, si l’urbanité est définie comme les qualités de politesse et d’affabilité naturelle de l’homme de la ville, le gouvernement de la ville comme espace fonctionnel de répartition des activités économiques, résidentielles et culturelles semble se caractériser aujourd’hui par ses contraintes. Henri Lefevbre décrit, en début de dossier, la formation des systèmes urbains au gré des évolutions des systèmes économiques (industriels, technologiques, informationnels…). Pourtant, avec Michel de Certeau, l’horizon des possibles s’insère dans les mailles signalisées et tissées de la ville. Nos pratiques encaquées reprennent des couleurs par la ruse personnelle et collective.
Ce premier numéro d’EcoRev’ sur les systèmes urbains est de confronter les constats et les théories de l’évolution des formes et des fonctions des métropoles, en tant qu’agglomération urbaine fonctionnant dans un réseau supra-local, avec les usages politiques et intimes de la ville. En parallèle de l’institutionnalisation des métropoles comme mode de vie, les théories de l’écologie politique ont élaboré des modèles afin de donner à la ville un visage, une taille ou une mode de production "humain" (Aurélien Boutaud et Mathilde Gralepois). Cette tentative se retrouve aujourd’hui sous les traites de la ville "durable" à travers des expériences locales (Elsa Gheziel, Ecozac Rungis). Pourtant, cette nouvelle politique publique recompose avec les objectifs et les critères habituels du marketing écologique (Roberto Magalhães). Serait-ce alors par des pratiques subversives des espaces urbains que doit passer la remise en cause de la vie "métropolisée" ? En abandonnant les modes de transport motorisés (Philippe Colomb et Jérôme Desquilbet, Vélorution !), la perception de ses déplacements change. C’est une entrée vers des échanges et une participation politiques renouvelés, entendu comme politikos "de la cité". Bruno Villalba questionne les nouvelles formes de concertation des politiques publiques de développement durable quand les objectifs de modalités de mise en œuvre de la participation deviennent plus importants que les objectifs collectifs de progrès sociaux. La mise en œuvre de la vie métropolitaine semble demander une expertise professionnelle qui écarte les habitants au rang de la consultation et non pas de l’action. La ruse urbaine, l’apprentissage de la co-participation et la réappropriation de l’espace public sont peut être au détour d’une friche urbaine (atelier d’architecture autogérée). De l’implication micro-locale ou mono-thématique, peut-on passer à au changement social ? La lutte contre la marchandisation de l’espace urbain aux vendeurs de publicité (Juste Jérisse, Résistance à l’agression publicitaire) donne-t-elle les moyens de lutter contre un système urbain tourné vers la réalisation auto-prophétique du capitalisme financier ?


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