Revue critique d’écologie politique
Outil de réflexions et de débats - AccueilLire les textes de n° en ligneDe l’automne 2001 à l’été 2002, du n° 6 au 9N° 6 (automne 2001) / quelle politique de l’education ?Dossier : pour une écologie du mammouth
Dernière mise à jour :
lundi 9 août 2010
Statistiques éditoriales :
662 Articles
17 Brèves
8 Sites Web
380 Auteurs

Statistiques des visites :
399 aujourd'hui
951 hier
1455622 depuis le début
     
Dossier : pour une écologie du mammouth

L’été tire à sa fin et les cartables reviennent sur le devant de la scène. EcoRev’ ne pouvait pas rater ça ! Nous allons donc parler d’éducation et de formation. Après le consensus mou des années 80 ("éduquons, éduquons, il en restera bien quelque chose"), sur fond d’illusion de démocratisation, de vœux pieux et de propos rassurants, les fanfaronnades de Claude Allègre, si déplaisantes qu’elles aient été, avaient au moins le mérite de jeter quelques pavés dans la mare, que Jack Lang, expert en mesures symboliques mais peu engageantes, se garde bien de remuer. Pourtant, l’exigence d’un vrai débat démocratique se fait de plus en plus pressante, comme en témoignent la place grandissante des Sciences de l’éducation dans le paysage politique ou les nombreux colloques, commissions et autres journées de travail que les différents partis commencent à mettre en place. Éduquer d’accord, mais pour qui et pour quoi ?

EcoRev’ s’inscrit dans ce mouvement en s’efforçant, dans un premier temps, de dresser un panorama des enjeux et des questions. Quelles valeurs, quelles pratiques, quelles adaptations aux mutations en cours existent aujourd’hui, sous quelles formes, avec quelles conséquences ? Quels choix deviennent nécessaires ? Que savons-nous de l’existant, du probable et du possible ? Disons-le clairement, l’écologie du "mammouth" reste à construire : penser collectivement et pour 13 millions de jeunes, voire quelques dizaines ou quelques centaines de millions si l’on veut s’ouvrir à une perspective européenne ou planétaire, une éducation respectueuse (et donc consciente des limites) de soi, des autres et de l’environnement ne se fait pas en 5 minutes.

Pas de discours miracle ni totalisant donc, mais quelques solides points de vue sur les valeurs à défendre (Lyne Rossi), la notion d’éducation permanente (Bernard Liétard), le militantisme pédagogique aujourd’hui (Luc Bruliard), le collège et au-delà, l’ensemble du système éducatif (compte-rendu d’un colloque organisé par Jean-Paul Russier et la commission "éducation" des Verts dans le cadre des EGEP), la mondialisation, dans sa version libérale (Nico Hirtt) ou transculturelle (Christoph Wulf), la dérive publicitaire en direction des enfants (Nelly Ruscassié) ou les enjeux de l’éducation d’après-demain (Jacky Beillerot).

La rédaction

 
Articles publiés dans cette rubrique
vendredi 6 mai 2005
par Raoul Vaneigem
Avertissement aux écoliers et aux lycéens
Membre (actif...) de l’Internationale situationniste pendant 10 ans, Raoul Vaneigem, professeur à l’Ecole normale de Nivelle (Brabant), s’est distingué dès 1967 par un Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations (réédité chez Folio Actuel en 1992). Dans son Avertissement aux écoliers et lycéens (1001 nuits, 1995), dont nous publions ici le premier chapitre, il reprend quelques thèmes qui lui sont chers (autonomie versus aliénation, école-caserne ou lieu de désir, créativité de l’enfance...), avec toute la virulence qui le caractérise. Un texte polémique, que certain-e-s (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
par Bernard Liétard
L’éducation permanente : un paradigme perdu ?
Maître de conférences à la chaire de formation des adultes du CNAM, militant de longue date d’une formation centrée sur la personne en formation et non sur les demandes du marché, Bernard Liétard nous expose ici les principales questions soulevées par la notion d’ "éducation tout au long de la vie".
Le New Deal économiste : du capital humain au "Lifelong-learning"
En 1973, l’OCDE présente le concept "d’éducation récurrente", caractérisée "par la distribution de l’enseignement sur toute la vie de l’individu grâce à une sorte de roulement, c’est-à-dire une alternance, avec d’autres (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
par Lyne Rossi
L’école à l’épreuve de sa définition
Militante verte, enseignante et co-fondatrice de l’Ecole Autrement, Lyne Rossi nous questionne, dans une perspective anti-centralisatrice, sur l’école que nous voulons. A partir d’une analyse de la mise en place du système que nous connaissons, elle nous propose plusieurs pistes d’action.
"Ce qui me révolte dans les sociétés où nous vivons, c’est qu’elles stérilisent un certain nombre de possibilités chez le jeune. Marcuse les appelle les sociétés "unidimentionnali-santes" parce que tout le monde est plus ou moins fabriqué dans le même moule... Faire comme tout le monde, voilà un bel (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
Freinet n’est pas mort
Instituteur spécialisé, chargé de cours à l’université Paris X Nanterre et militant de l’I.C.E.M. Pédagogie Freinet, Luc Bruliard nous évoque différents aspects d’une pratique pédagogique qui tente de s’adapter, y compris à l’impossible.
Préambule
En octobre 1982, encore normalien, j’entre dans une classe Freinet de la banlieue parisienne : une ruche bourdonnante et paisible avec le ballet silencieux d’enfants travaillant individuellement sur fiches, l’odeur d’encre et de peinture de l’imprimerie où s’affaire une équipe, quelques têtes plongées dans leur lecture, plus loin un groupe (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
Pour un débat politique sur l’éducation
Projet éducatif et projet de société sont indubitablement liés. Pour parvenir à un véritable développement durable, maître mot de notre conception de la société, il importe donc de donner à chaque jeune les moyens de construire sa place dans le monde, dans le respect de soi, des autres et de son environnement. Ceci implique, pour nous, l’apprentissage de certaines valeurs et la mise en place d’un système congruent avec lesdites valeurs.
Tout d’abord, il importe de considérer que l’école n’est pas et ne doit donc pas être considérée comme le seul lieu d’éducation. Pourtant l’évolution (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
par Nico Hirtt
L’école à l’heure de la globalisation
Depuis la fin des années 80, les systèmes éducatifs des pays industrialisés sont soumis à un feu roulant de critiques et de réformes visant à les adapter aux nouvelles exigences de l’économie capitaliste. Les documents produits au cours des dernières années par les instances européennes et mondiales, que Nico Hirtt analyse ici, dessinent sans équivoque les contours d’un passage de la "massification" de l’enseignement à sa "marchandisation".
La massification de l’enseignement date du lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, dans un contexte de croissance économique forte et durable et (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
par Christoph Wulf
Une éducation mondialisée ?
En contrepoint au texte de Nico Hirtt, le point de vue de Christoph Wulf, anthropologue à l’Université libre de Berlin et auteur de plusieurs études pour des organismes internationaux, pour qui, face à une inévitable mondialisation, l’éducation et la formation se doivent de développer une véritable interculturalité.
Compte tenu de l’évolution politique, économique et culturelle en Europe, qui fait entrer la mondialisation dans tous les domaines de notre vie, il devient nécessaire de développer des perspectives communes et d’agir en fonction de celles-ci, tout en conservant les différences (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
par Jacky Beillerot
Peut-on penser l’éducation d’après-demain ?
Professeur émérite (et oui c’est comme ça qu’on dit quand les universitaires quittent leurs chers labos !) à l’Université Paris X, Jacky Beillerot a depuis longtemps réfléchi aux enjeux de nos sociétés de savoir et aux perspectives dans lesquelles s’inscrit l’action éducative. Il en conclut que, loin des lendemains visionnaires, l’utopie est à réinventer sans cesse et au quotidien...
Un-e enfant dans ses 16 premières années vit 140 160 heures. Durant ce laps de temps, il/elle passera au plus 12 250 heures dans les écoles ; moins de 9 % de sa vie . Loft story passionne des millions de (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
Renault doit-il devenir un acteur indispensable dans l’éducation de nos enfants ?
Renault SA propose aux écoles des "kits pédagogiques" gratuits débouchant sur un concours international "sécurité pour tous".
Extraits du site internet www.securite-pour-tous.com ouvert par Renault SA
"Renault devient acteur de la lutte contre l’insécurité routière. Dès 2000, toute l’expertise de Renault en matière de sécurité est ainsi mobilisée pour former de futurs citoyens, acteurs de leur propre sécurité et de celle des autres. Au-delà de la sécurité automobile, Renault s’engage aujourd’hui en faveur de la sensibilisation et de l’éducation à la sécurité routière. Une démarche forte, (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
par Nelly Ruscassié
Enfants : cible des publicitaires
Permanente à RAP (résistance à l’agression publicitaire) où elle anime l’atelier "enfance et pub", Nelly Ruscassié nous donne ici un panorama des pratiques publicitaires en direction des enfants et des moyens de lutte que l’on peut envisager. Deux encarts, l’un sur la situation législative, l’autre sur un exemple concret d’interventionnisme publicitaire au sein de l’école, complètent ce tableau.
Depuis quelques mois, les médias constatent que les enfants deviennent des cibles de choix pour les publicitaires : l’enfant fait vendre, l’enfant achète ! C’est un fait connu depuis longtemps (...)

lire la suite de l'article
vendredi 6 mai 2005
Publicité à l’école : quelle loi ?
Depuis 1936, toute publicité, toute incitation commerciale est proscrite dans les établissements scolaires. Plusieurs circulaires datant de 1952, 1956, 1963, 1967, 1970 et 1976 confirment le principe de neutralité commerciale de l’école. "En aucun cas et en aucune manière les maîtres et les élèves ne doivent servir directement ou indirectement à aucune publicité commerciale."
Malgré cette loi, la publicité se glisse dans les manuels et dans l’enseignement scolaires, et le ministère de l’Éducation Nationale cache son impuissance ou son manque de volonté à faire appliquer la loi derrière la (...)

lire la suite de l'article