De l’agir communicationnel à l’action politique émancipatrice

Internet, Facebook, Twitter, une nouvelle force productive ?
lundi 1er août 2011
par  Arno Münster
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Les révolutions arabes l’ont démontré : avec Internet, l’espace public acquiert une nouvelle dimension. Le soulèvement des masses peut s’appuyer sur cet outil qui permet l’expression autonome des citoyens, la participation élargie à la vie collective, une plus grande solidarité et un dépassement des relations verticales de pouvoir. Pour le philosophe Arno Münster, Internet est devenu une force productrice révolutionnaire, moteur des transformations sociales, et dessine l’avènement d’une démocratie radicale.

Depuis l’émergence - aussi inattendue que bouleversante - des révolutions démocratiques arabes (Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, Yémen, Bahrein…), un spectre nouveau hante tous les esprits : quel a été le rôle joué par les nouveaux médias de communication électronique et notamment par Internet dans ces mouvements citoyens révolutionnaires ? YouTube, Facebook, Twitter et le téléphone portable (SMS…) ont-ils été le véritable moteur déclenchant ces révoltes ? Quels rôles ont-ils réellement joué dans la tentative unique de diffusion d’informations, échappant au contrôle étatique, et dans l’effort des citoyens singularisés, mais hautement déterminés, à en finir avec ces régimes autoritaires et d’appeler à des manifestations et des rassemblements interdits qui ont finalement permis d’organiser – tout à fait spontanément – des réseaux de résistance et de renverser ces régimes ? Twitter est-il désormais devenu le symbole par excellence pour les possibilités inépuisables et nouvelles de mobilisation des masses, par le biais, précisément, des interconnexions quasi illimitées via Internet, ou était-ce limité à des conditions et des circonstances spécifiques ? L’espace public (politique) a-t-il acquis une nouvelle dimension grâce à ces nouveaux techniques communicationnelles ? Y a-t-il un effet « Facebook » dans l’historiographie des révolutions (arabes) contemporaines ? Pourrait-il aussi, éventuellement, se manifester aussi en dehors des pays du Maghreb et du Proche Orient et - pourquoi pas ? - éventuellement, aussi chez nous, en Europe ? [1]
Quelles que soient les réponses qu’on puisse trouver à ces questionnements, une chose semble désormais être certaine : Nous avons tous, à quelques rares exceptions près, beaucoup sous-estimé, jusqu’à l’arrivée de la révolution en Tunisie contre le régime de Ben Ali, le potentiel émancipatoire réel de ces nouveaux moyens de communications et nous avons sûrement trop longtemps ignoré qu’ils pourraient devenir un jour un instrument important et indispensable pour le déclenchement de mouvements de masses protestataires, pour les soulèvements spontanées des masses contre les dictatures et les régimes autoritaires et tyranniques qui ont été ainsi, à l’exception de la Libye,où rien n’est encore définitivement décidé, malgré l’intervention militaire de l’Occident en faveur des insurgés, « miraculeusement » balayés par ce « printemps des peuples » extraordinaire dont nous avons été (et sommes toujours, en un sens) les spectateurs ébahis.

"Il y a urgence à revivifier ce que l’Etat de droit démocratique peut avoir de radical" (Jügen Habermas)

Dans sa philosophie de la rationalité communicationnelle, Jürgen Habermas avait certes déjà fait allusion à ce potentiel, précisément, dans la tentative de fonder une nouvelle théorie sociale sur l’agir communicationnel, mais en orientant sa théorie de la discussion et de l’espace public communicationnel principalement vers une théorie du droit et de la démocratie [2], il s’était volontairement limité à confiner cette théorie à une redéfinition des droits fondamentaux des citoyens et de l’Etat de droit. Selon Habermas, ce dernier ne peut continuer à fonctionner comme garant des libertés et de l’inviolabilité des droits fondamentaux qui s’il est en permanence confronté avec une opinion publique politique et des espaces d’expression communicationnels autonomes aspirant à une démocratie plus radicale, instaurant la participation réelle des citoyens au pouvoir et aux affaires publiques. Les révolutions citoyennes arabes, inspirées des principes de 1789, semblent avoir confirmé la justesse de cette théorie. Comme le souligne Habermas, « face aux défis que le droit et la démocratie doivent relever – de la limitation écologique de la croissance économique à la disparité croissante des conditions de vie entre le Nord et le Sud, de la liquidation du socialisme d’Etat à la prise en compte des flux migratoires internationaux, de la limitation de souverainetés nationales à la recrudescence des guerres ethniques et religieuses -, il y a urgence à revivifier ce que l’Etat de droit démocratique peut avoir de radical, à défendre sa ressource véritablement menacée : une solidarité sociale, assurément garantie par les structures juridiques, mais qui constamment doit être régénérée. » [3]

André Gorz : vers une société communicationnelle anarcho-communiste

On pourrait aussi citer André Gorz parmi les rares témoins et « visionnaires » de notre époque ayant prévu et « prophétisé » les potentialités émancipatoires de ces nouveaux moyens de communication et notamment celles émanant d’Internet. Ainsi va-t-il, dans son livre L’Immatériel, jusqu’à nous esquisser la vision d’une société communicationnelle « anarcho-communiste » des réseaux libres et des formes d’expression et de communication nouvelles d’une société du savoir, c’est-à-dire ce celle du capitalisme digital. [4] Comme nous l’avons déjà souligné, entre autres, dans notre livre André Gorz ou le socialisme difficile, André Gorz était absolument persuadé qu’Internet, cette « nouvelle force productrice », libérera tôt ou tard l’alternative émancipatrice au système existant. [5]
A signaler aussi que le sociologue Manuel Castells, dans ses réflexions consacrées à l’émergence d’une nouvelle société fondée sur un « capitalisme informationnel » et sur une « culture de la virtualité réelle », avait déployé lui aussi, dans son livre « La société en réseaux  [6] », « la vision d’un univers sans bureaucratie, démassifié, centré sur l’individu, reposant sur un déterminisme technologique clairement affiché. » [7]

Une remise en cause des relations de pouvoir verticales

Même les sceptiques parmi les sociologues de la communication et des médias, comme par exemple Eric Maigret et Dominique Wolton, n’ont pu nier l’évidence, qu’ « Internet, mieux que toutes les nouvelles technologies de l’information et de la communication, a incarné à la fin du XXe siècle « la nouvelle espérance » [8] et que « ses formidables potentialités ont d’abord fait de lui une utopie partagée par tous ceux qui rêvent d’instaurer par la grâce d’une nouvelle technique une Cybérie, un « village planétaire » fondé sur la liberté, l’intelligence, l’instantanéité et la fraternité des échanges sans frontière. » [9] Nul ne peut donc plus ignorer que ses possibilités gigantesques tiennent plus précisément à son caractère de multimédia réunissant le son, l’image et le texte : un seul ordinateur branché sur le réseau mondial peut transmettre et recevoir des messages écrits, de l’image fixe ou animée, de la musique, consulter des banques de données si bien que le World Wide Web ou la toile s’est bien imposé entre temps comme « un système qui permet d’accéder à des sources diverses en constituant un langage commun entre celles-ci. » [10]
Certes, rien ne nous protège contre le danger que ce besoin d’être constamment connecté puisse créer une nouvelle aliénation, précisément celle du « multibranchement »(« Ce sont les machines qui se branchent, pas les hommes » [11]), mais le développement des capacités émancipatoires de cette nouvelle force productrice attesté par les récentes révoltes et révolutions arabes n’est-il pas le meilleur démenti au scepticisme affirmé, entre autres, par Dominique Wolton qui, tout en avouant qu’Internet est « une révolution aussi importante que la radio dans les années 20 et la télévision dans les années 60 » [12], était quand même parvenu à la conclusion, avec une note pessimiste, il y a dix ans, qu’ « Internet ne créera pas magiquement une société où toute information circulerait librement et pacifiquement, où les rapports sociaux seraient miraculeusement modifiés » si bien que « Le Web ne supplantera pas la radio et la télévision dans leur rôle essentiel de lien social ». [13] De toute façon, les événements politiques récents en Afrique du Nord et dans le monde arabe nous ont enseigné avec évidence que dans certaines circonstances historiques, politiques et sociales, notamment celles d’une dictature non respectueuse des droits de l’homme et pratiquant systématiquement la torture, le phénomène social que Joël de Rosnay [14] appelle « la révolte du pronetariat » comme condition préalable à la naissance spontanée d’un vaste mouvement pour la démocratie, peut se produire et devenir même le ferment essentiel d’une révolution politique et sociale.
Autrement dit, comme l’affirme J. de Rosnay, le Web peut bien faire émerger, sous ces conditions, « une intelligence et une véritable conscience collective. » Il peut ainsi mettre en question « les relations de pouvoir verticales qui régissent aujourd’hui les sphères de l’économique et du politique. ». [15] Et ainsi (nous avons maintenant des preuves irréfutables pour cela), il peut effectivement devenir « un outil puissant entre les mains des citoyens pour faire naître une économie et une démocratie nouvelles. ». [16] En bref, le Web a en effet créé, grâce au développement des blogs, des wikis, des « journaux de citoyens », et notamment grâce aux blogs appelés RSS (fonctionnant à partir de fichiers de type XML), cette nouvelle « force civique et citoyenne » [17] qu’ Ignacio Ramonet a très justement appelé, dans un article publié en octobre 2003, dans Le Monde Diplomatique, « le cinquième pouvoir ». [18]

Un moteur des transformations sociales

Rappelons aussi le jugement de John Brockmann, ce grand théoricien de la « troisième culture » et président de la Edge-Foundation, qu’ « Internet a amené nos pensées plus dans le présent, en élevant des questions sur ce que c’est être contemporain ». [19] En facilitant des processus cognitifs évoluant du simple « regarder » vers « l’apprendre » et de « l’apprendre » vers le « produire » et vers « l’innover », Internet a en effet permis de transformer, dans le contexte spécifique du combat contre les dictatures (en Afrique du Nord et au Proche Orient), l’espace public virtuel en espace public réel, et de générer ainsi une synergie nouvelle entre les personnes anonymes connectées qui, sans ce moyen spécifique de communication et ces forums de débats virtuels, accessibles par un simple « mouse-clic » (clic avec la souris), n’auraient jamais pu les parler et s’associer en vue d’une action protestataire commune.
Citons comme exemple la Tunisie : Ce pays de dix millions d’habitants ne comptait en 2010 que 400 000 abonnés sur Internet. Mais ceux-ci, sans compter les nombreux Cyber-Cafés, ont développé, pendant les journées chaudes de la lutte contre le régime dictatorial de Ben Ali, de telles capacités d’agir communicationnel sur le « web » que cela a stimulé, évidemment d’une manière très efficace, des rassemblement spontanés et même la création ex nihilo de nombreux comités de quartier ainsi que des manifestations qui étaient suivies, au fur et à mesure, d’un nombre de plus en plus grand de personnes, si bien que ce mouvement spontané et basiste vers la démocratie (Eric Maigret parle de « démocratie électronique » [20]) s’est transformé assez rapidement en ce réveil extraordinaire de la citoyenneté qui a finalement obtenu, en trois semaines, le départ du dictateur. (Des phénomènes similaires se sont aussi produits en Iran, lors des grandes manifestations de l’année 2010 contre le régime de Ahmadinedjad.)
Or, faut-il le rappeler, c’était bien à Tunis qu’avait eu lieu, en 2005, le « Sommet Mondial sur la Société Informatisée (la suite de la conférences organisée à Genève, en 2003, sur le même sujet, par les Nations Unies) qui avait annoncé, sur son site Internet, une « véritable révolution » et peut-être même « la révolution la plus importante dans l’histoire de l’Humanité » [21] - une façon de confirmer l’importance, à l’échelle mondiale, pour notre ère, de la technique communicationnelle micro-informatique devenue désormais une nouvelle force productrice révolutionnaire.
Or, comme le souligne à juste titre Wolfgang Göhring [22], l’enchevêtrement dialectique des forces productrices avec les rapports sociaux avait déjà été souligné et mis en évidence par Marx, par exemple, lorsqu’il constate, dans La misère de la philosophie (livre écrit pour réfuter la « philosophie de la misère » de Pierre-Joseph Proudhon), qu’avec l’acquisition de nouvelles forces productrices les hommes transforment leur mode de production et qu’avec la modification du mode de production et la manière de subvenir à leurs besoins vitaux, ils transforment tous leurs rapports sociaux. » [23] Or, cette nouvelle force productrice que Marx en tant que savant du XIXe siècle n’a pu prévoir, a incontestablement elle aussi son origine dans les contradictions du capitalisme avec l’aliénation, dans l’émergence d’un désir plus grand des individus et de l’homme travaillant de communiquer et de dépasser cette forme d’aliénation individuelle que Sartre a qualifié du mot de « sérialisation ».
Il est indéniable que cette force productrice nouvelle soit devenu, depuis la dernière décennie du XXe siècle, dans la société du savoir (la nôtre), à savoir dans celle du capitalisme cognitif, à l’ère de la globalisation, et surtout à partir de l’an 2000, un moteur des transformations sociales dont l’ampleur réelle ne peut pas encore être vraiment mesurée, dans toutes ses dimensions, mais qui sont évidemment d’une profondeur telle que personne ne peut ignorer leur importance et leur impact réel. La transformation de la simple information (obtenue gratuitement, par voie électronique) en savoir est bien à la base et la condition de ce processus. Mais il peut bien s’y produire aussi une transformation spontanée du savoir en action (individuelle ou collective).

L’élimination des distances

« Sous une forme digitalisée, des informations sont désormais disponibles pour chacun qui, pour sa part, peut s’échanger avec chacun et prendre position » [24]. La performance de ces nouveaux moyens de communication et de cette informatisation de nos sociétés par la révolution des ordinateurs est évidemment en fonction du gain du temps réalisé quant à la durée de la transmission des informations qui, grâce à la performance des ordinateurs, a été raccourcie de manière considérable au cours des dernières décennies du XXe siècle.
« Avant la mise-au-service du premier câble transatlantique, la durée pour obtenir une réponse à une question posée à un destinataire outre-Atlantique était en moyenne de plusieurs mois, puis de plusieurs heures. Aujourd’hui, grâce à la téléphonie via un satellite géo-stationnaire, elle est d’une demi-seconde. Aujourd’hui, grâce à un téléphone portable assez commode, un alpiniste ayant atteint le sommet du Nanga Parbat (Himalaya) peut facilement converser de manière tout à fait sentimentale avec sa grand-mère (en Europe) ». [25]
Ainsi, via le réseau de téléphonie mobile, s’étendant désormais sur tous les continents, toute sorte d’information peut-elle être transmise d’un bout du globe à l’autre, dans l’espace d’une seconde. Les distances s’effondrent, et grâce à Internet et la téléphonie mobile reliée à des émetteurs-relais reliés à des satellites géo-stationnaires, tout le monde peut désormais communiquer avec tout le monde, dans des conditions d’égalité aussi virtuelles que réelles, quelque soit la distance….(Cela a permis, entre autres, la transmission en direct d’images de guerre et de conflits violents filmées sur les lieux des combats (Tunisie, Egypte, Libye…) avec un simple téléphone portable, par des témoins anonymes, sur la chaîne de télévision Al Jazeera.)

Une société plus égalitaire, plus libre, plus démocratique

A cause de la gratuité des échanges informationnels et de leur nature non-économique, cette révolution Facebook, Twitter etc. permet aussi d’anticiper de plus en plus – et c’est l’aspect qui intéresse p.ex. André Gorz – sur une société égalitaire, démocratique, citoyenne, ayant de facto aboli tous les rapports de domination hiérarchiques et autoritaires. Car les échanges effectués via ces blogs et forums électroniques ne sont pas de nature économique ; ils sont non seulement tendanciellement, mais par leur essence même démocratiques. [26] Selon Wolf Göhring, la transformation de la technique informationnelle et communicationnelle en une force productive autonome n’est qu’à ses débuts et n’est pas encore terminée. Elle s’accompagnera même de contradictions graves. « Selon la volonté explicite de ses inventeurs, cette technique n’a pas pour but d’abolir le capitalisme mais de garantir seulement le meilleur succès des acteurs au sein même du mode des productivités et de la société capitaliste. Par conséquent, il y aura de violentes controverses à propos de la question de savoir quelles sont les limites avec lesquelles chaque individu peut et doit utiliser cet instrument et dans quelles limites les individus peuvent organiser leurs capacités productrices (ensemble) de façon communautaire. » [27] En revanche, cette technique peut bien être utilisé par des acteurs ayant pour but politique la transformation (substitution) du capitalisme par une société plus juste, plus démocratique, plus égalitaire et autogérée.

Déchets, raréfactions des métaux, de l’énergie... Ne pas tomber dans le mythe de l’immatériel

Mais, comme produits d’un capitalisme avancé, « mondialisé » et du plus haut niveau technologique, ces machines informationnelles modernes posent aussi – et c’est l’aspect négatif – des problèmes écologiques graves ; car comme le souligne Göhring, des ordinateurs sont produits et commercialisés au mépris totale des ressources naturelles. « Le problème de leur recyclage n’est pas résolu, les carcasses des ordinateurs et des téléphones portables mobiles ont accumulé aujourd’hui, surtout dans les pays du Tiers Monde, des quantités énormes de déchets toxiques, capables d’intoxiquer l’environnement dans une vaste échelle, comme par exemple les piles électriques. Et dans l’utilisation de cette technique, on gaspille une quantité immense d’énergie de disquettes, de CD et de papier. L’utilisateur typique de cette technique communicationnelle et informationnelle appartient aujourd’hui à une élite qui est majoritairement blanche, masculine et âgée de 30 à 40 ans.

Quand Göhring, ce grand spécialiste allemand des techniques communicationnelles et informationnelles, écrivit cet article, il ne pouvait pas encore pressentir et imaginer que seulement cinq ans plus tard toute une génération de jeunes citoyens arabes initiés aux échanges via Facebook et Twitter et accoutumés au mode d’être de l’Internaute, allaient utiliser cette technique nouvelle de communication à des fins de rébellion politique en organisant ainsi la chute de leurs régimes dictatoriaux. L’histoire nous a donc encore une fois enseigné comment elle est toujours en mesure de produire « l’improbable et l’imprévisible ». (Cette fois-ci au sens positif du terme.) Mais nous ne pouvons que consentir à la conclusion de l’auteur qu’il est toujours tout à fait souhaitable et important que les individus continuent de se connecter ainsi via Internet, en toute liberté, en échangeant des informations, et qu’ils dégagent ainsi la voie vers une société nouvelle non pas construite sur l’échange, l’utilisation du Capital et la hiérarchie, où par conséquent la forme marchandise et l’argent sont devenu superflus (même sous une forme voilée), où le travail salarial et le Capital n’ont plus de fondement et où les formes de brutalité, de criminalité et de la guerre ont disparu. Le mode de production, la manière de gagner sa vie et tous les rapports semblent ainsi modifiés ; une véritable révolution : la plus importante que l’humanité n’ait jamais réalisé comme l’on pourrait déjà l’entendre lors du sommet sur la société informationnelle de Tunis. [28]

Arno Münster

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[1A noter que la démission récente du ministre allemand de la défense M. Freiherr von und zu Guttenberg, en mars 2011, a été déclenchée par la révélation – sur Facebook – que de grandes parties de la thèse universitaire de ce dernier avaient été un plagiat. Tandis que la chancelière, Mme. Merkel, était déterminé, dans un premier temps à maintenir à tout prix en fonction ce « ministre modèle », les preuves irréfutables du plagiat fournies par des particuliers connectés via Internet l’ont finalement contraint à le pousser à la démission.

[2Cf. Jürgen Habermas, Droit et démocratie, trad. de l’allemand par Rainer Rochlitz et Christian Bouchindhomme, Paris, Gallimard, 1997.

[3Habermas, Op.cit., p.466.

[4Cf. André Gorz, L’Immatériel. Connaissance, valeur et Capital, Galilée, Paris, 2003.

[5Cf. Arno Münster, André Gorz ou le socialisme difficile, Paris, Lignes, 2008, p. 110-111.

[6Cf. Manuel Castells, La société en réseau, Paris, 1999.

[7Eric Maigret, Sociologie de la communication et des Média, Armand Colin, 2003.

[8Eric Maigret, Sociologie de la communication et des Média, Armand Colin, 2003.

[9Eric Maigret, Sociologie de la communication et des Média, Armand Colin, 2003.

[10Eric Maigret, Sociologie de la communication et des Média, Armand Colin, 2003.

[11Dominique Wolton, Internet et après ? (Une théorie critique des nouveaux média), Paris, Flammarion, 2000.

[12Dominique Wolton, Internet et après ? (Une théorie critique des nouveaux média), Paris, Flammarion, 2000.

[13Dominique Wolton, Internet et après ? (Une théorie critique des nouveaux média), Paris, Flammarion, 2000.

[14Joël de Rosnay (avec la collaboration de Carlo Revelli), La révolte du pronetariat. Des mass média aux média des masses, Paris, Fayard, 2006

[15Joël de Rosnay (avec la collaboration de Carlo Revelli), La révolte du pronetariat. Des mass média aux média des masses, Paris, Fayard, 2006

[16Joël de Rosnay (avec la collaboration de Carlo Revelli), La révolte du pronetariat. Des mass média aux média des masses, Paris, Fayard, 2006

[17En effet, comme le souligne à juste titre Joël de Rosnay, « la production massive et collaborative d’informations numériques par le pronetariat représente une révolution aussi importante que celle du début de l’ère industrielle symbolisée par la machine à vapeur, puis par la mécanisation et l’automatisation intensives. »(Op.cit., p. 13) « Mais la révolution pronetarienne est d’abord sociétale avant d’être économique. D’où les défis et les enjeux auxquels sont aujourd’hui confrontés entreprises et gouvernements. »(Op.cit., p. 15)

[18Cité d’après J. De Rosnay, Op.cit., p. 183.

[19John Brockmann, How Things are : a science tool-kit for the mind, New York, 1995.

[20E. Maigret, Op.cit., p. 250.

[21Cité d’après Wolf Göhring, « Die revolutionäre Bedeutung von Informations- und Kommunikationstechnik als besonderer Produktivkraft », in : Horst Müller (Hsg.), Die Übergangsgesellschaft des 21. Jahrhunderts (Kritik, Anlaytik, Alternativen), BoD Verlag, Norderstedt, 2007, p. 114-115.

[22Cité d’après Wolf Göhring, « Die revolutionäre Bedeutung von Informations- und Kommunikationstechnik als besonderer Produktivkraft », in : Horst Müller (Hsg.), Die Übergangsgesellschaft des 21. Jahrhunderts (Kritik, Anlaytik, Alternativen), BoD Verlag, Norderstedt, 2007, p. 117.

[23Karl Marx, Misère de la philosophie (1847), Paris, Ed. Sociales, 1965, MEW 4 ,Berlin, Dietz, 1959, p. 130.

[24Göhring, Op.cit., p. 126.

[25Göhring, Op.cit., p. 126.

[26Tout cela semble aussi apporter un démenti à la thèse de Dominique Wolton (1999) qu’Internet « favoriserait davantage un émiettement de l’espace public que l’effet inverse » ; qu’il ne serait donc pas « un média, au sens large du terme, c’est-à-dire un objet de mise en commun à l’instar des médias de masse » (E. Maigret, Op.cit., p. 253)

[27Wolf Göhring, Op.cit., p.135.

[28Wolf Göhring, Op.cit., p.136-137.